Alvine HANDOU CHOUPO

Du haut de ses 29 ans, la camerounaise Alvine HANDOU CHOUPO s’est faite un nom dans le monde de l’entrepreneuriat majoritairement masculin. Fondatrice de Vusur, un service de facilitation d’achat en ligne qui a du vent en poupe en ce moment, cette jeune femme vient de se lancer dans le E-commerce. A travers Vusur Market, sa nouvelle trouvaille, elle entend vendre le label Cameroun à l’international. Pour Afroprendre.com, elle revient sur ses débuts dans l’entrepreneuriat et donne sa vision du E-commerce en Afrique. Entretien.

 

  1. Qui est Alvine HANDOU CHOUPO ? Présentez-vous à nos lecteurs

Je suis Alvine HANDOU CHOUPO, je me présente comme une jeune entrepreneure de 29 ans, Camerounaise et fière de l’être.

  1. C’est quoi VUSUR ? et comment vous est venue l’idée de créer cette entreprise ?

Vu Sur est un facilitateur d’achats sur les sites internet étrangers pour les personnes vivant au Cameroun et en Afrique. Il s’agit d’un concept innovateur qui permet à tous les résidents camerounais de faire du shopping en un clic dans les grandes boutiques du monde. C’est la solution idéale pour tous ceux qui souhaitent  réaliser  des achats sur les sites marchands comme Amazon, Alibaba, Ebay, cdiscount. En effet, Vu Sur leur permet de payer leurs achats par les moyens de paiement locaux (Mobile Money, Cash, Virement bancaire) et de les recevoir  7 jours plus tard dans leur ville de résidence au Cameroun. Vu Sur se décrit donccomme un trait d’union, un concept original qui assure une intégration des africains au marché mondial en éliminant les frontières et les contraintes multiformes.

J’ai eu l’idée de créer Vu Sur lorsque résidant en France et en vacances au Cameroun,je me suis retrouvée dans le besoin d’acquérir urgemment un livre de poche. Cependant, ce dernier était introuvable au Cameroun et je me suis donc demandée comment faisaient ceux qui résidaient au Cameroun et souhaitaient acquérir des produits vendus sur les plateformes étrangères. J’avais là déniché un problème, un besoin majeur.Il ne restait plus qu’à y apporter une solution. Vu Sur est donc le résultat d’un constat flagrant, l’impossibilité pour les camerounais à pouvoir effectuer leurs achats sur des sites de vente étrangers et être livrés au Cameroun.

vusur

  1. Comment avez-vous trouvé le financement nécessaire au lancement de ce projet ?

Les débuts de Vu Sur n’ont pas été évidents surtout en termes de financement. Tout a initialement été financé par des fonds personnels et par des fonds mobilisés auprès de ma famille directe. Cependant, les exigences et contraintes financières n’étant pas assez exorbitantes, les moyens diversement récoltés ont contribué au lancement et au maintien de l’activité pendant une durée d’un an. Son rayonnement progressif  a suscité la conviction et l’adhésion d’un investisseur membre de ma famille, qui a immédiatement manifesté son intéressement à l’égard de ce projet en y injectant une somme considérable pour permettre au projet Vu Sur de réellement décoller.

  1. Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez fait face en début de ce projet ? Et comment les avez-vous surmonté ?

La mise en œuvre d’un projet d’envergure n’est pas assimilable à un long fleuve tranquille, des écueils et des difficultés jaillissent tous azimuts. En effet, depuis le lancement de Vu Sur il y’a 3 ans, jusqu’à ce jour, la première difficulté rencontrée a été liée à la non transparence et au manque d’informations précises sur l’environnement des affaires au Cameroun. De ce fait, chaque jour constituait une nouvelle aventure épineuse et l’appropriation de ce climat de travail s’est faite par un apprentissage sur le tas. Mais aujourd’hui 3 ans plus tard, nous maîtrisons un peu mieux notre environnement et nous n’hésitons pas à partager notre expérience avec ceux qui en ont besoin.

La deuxième difficulté est relative aux ressources humaines. Au Cameroun, il y a certes de nombreux diplômés au chômage mais ces derniers n’ont pour la plupart pas reçu une formation adaptée aux réalités du monde professionnel. Chaque recrutement est donc un challenge pour nous car nous peinons à trouver des véritables talents prêts à l’emploi. C’est la raison pour laquelle chez Vu Sur, nous mettons un accent particulier sur la formation. Formation qui permet  de transformer ces talents bruts en véritables pépites et d’en faire des pionniers de notre équipe.

  1. Comment se porte VUSUR aujourd’hui ?

Vu Sur aujourd’hui se porte comme toute start-up de 3 ans d’âge. C’est-à-dire que nous faisons face à des successions continues de challenges chaque jour mais cela ne nous empêche pas de nous projeter sereinement vers l’avenir. Nous avons des projets d’expansion plein la tête et espérons que dans un avenir proche, nous pourrons consolider nos activités au Cameroun et envisager des perspectives d’extension dans d’autres pays d’Afrique centrale et de l’Ouest. Aujourd’hui ce n’est pas garanti, mais nous sommes prêts à nous battre ardemment pour réaliser cette noble vision.

  1. Vous vous êtes récemment lancé dans le e-commerce à travers VUSUR MARKET. Qu’est-ce que ce marché apporte de nouveau dans ce secteur très couru ?

Vous êtes très bien renseignés. En effet, il y a quelques mois nous avons lancé le service Vu Sur Market qui promeut le savoir-faire Camerounais en proposant uniquement la vente des produits 100% made in Cameroun. Ce projet naît d’un challenge personnel, en effet le concept Vu Sur mettant en valeur des produits étrangers au Cameroun, il nous a semblé opportun et juste de réserver un pan de l’activité à la mise en avant des produits Camerounais partout dans le monde. Aujourd’hui, nous recensons près d’un millier de produits et représentons pas moins d’une centaine de vendeurs. Nous ne voulons pas seulement faire du e-commerce classique mais nous souhaitons par ce biais devenir la plateforme de référence des produits 100% made in Cameroun.

  1. Comment voyez-vous le e-commerce africain dans 10 ans ?

Le e-commerce Africain est un secteur en friche qui connait un boom sans précédent depuis quelques années.  Dans 10 ans, les jeunes cadres seront les adolescents d’aujourd’hui qui ne peuvent pas se passer de leurs téléphones, tablettes ou ordinateurs. Il sera plus naturel pour eux d’acheter et de consommer en ligne.  Il est donc de bonne augure pour les e-commerçants de se positionner dès maintenant afin de pouvoir dans 10 ans les accompagner dans leur consommation en ligne dans tous les domaines.

  1. Quelles sont les perspectives chez VUSUR

Chez Vu Sur, nous souhaitons conforter notre place de leader dans la facilitation d’achats en ligne au Cameroun et booster pleinement notre service Vu Sur Market. A moyen terme, nous souhaitons nous implanter dans 3 à 4 pays d’Afrique centrale et 3 pays d’Afrique de l’Ouest. La tâche sera ardue mais nous sommes préparés psychologiquement et opérationnellement pour atteindre ces objectifs.

  1. Comment trouvez la motivation dans les moments difficiles ?

Vous savez l’entreprenariat est une succession de moments d’exaltation et de moments de remise en question. L’on peut passer d’un stade à l’autre en une fraction de seconde. Il est donc très important d’avoir des drivers qui nous permettent de nous remettre sur pied et les miens sont les suivants. Tout d’abord, je suis amoureuse du Cameroun en particulier et de l’Afrique en général. Je suis convaincue que les projets que je porte dépassent ma personne propre et sont institués dans le but de faire briller mon pays et mon continent. Alors, quand viennent les moments difficiles, je m’interdis d’abandonner.

En plus de cela, je suis entourée d’une famille impressionnante qui est mon roc, du fait de l’amour, des conseils et de l’affection qu’ils me portent. En cas d’affaiblissement, je trouve en leur regard et en leur attention la force de continuer. Enfin, ma qualité de fervente chrétienne et mon attachement viscéral au Seigneur constituent pour moi une source intarissable de bénédictions et de motivations. Dans les moments difficiles, nous devons nous appuyer sur le Seigneur car il est là et sait nous guider.

  1. Conseils aux jeunes africains.

Je ne saurais effectivement terminer cette interview sans prodiguer quelques conseils à la jeunesse Africaine. Le plus grand problème des jeunes est qu’ils aiment mettre la charrue avant les bœufs, ils veulent tout et tout de suite. Je les exhorterai à prendre le temps nécessaire à l’éclosion de leurs potentialités, prendre le temps de se former et devenir expert. Alors toutes les portes leur seront ouvertes et ils pourront faire des choses remarquablement impressionnantes. Maintenant, je m’adresse à la jeune femme Africaine en particulier. La société est tellement misogyne qu’elle a réussie à enlever aux femmes toute confiance en elles et en leur capacité. J’exhorterai donc les jeunes femmes à relever la tête, à se dépêtre de tout préjugé toxique et à foncer tête baissée. Nous avons en nous un talent incroyable. Il est de notre devoir de le mettre au service non seulement de nos familles mais de la société toute entière qui ne saurait s’en passer.

 

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